Historic93
La guerre de Cent-Ans (1337-1456 ) dans l'actuel département de Seine-Saint-Denis.

En 1337, le roi d'Angleterre Édouard III rompait l'hommage lige prêté pour la Guyenne au nom du roi de France Philippe VI (1328-1350) dont il contestait la légitimité. Les hostilités engagées peu après sont défavorables au roi de France mais n'eurent pas de conséquences immédiates dans notre région, le comté de Paris, qui vit se rassembler à Saint-Denis au mois d'août 1344 l'armée royale afin de contrer le roi d'Angleterre qui a débarqué sur notre sol.

Le roi s'active pour organiser la défense et visite Livry dont le château contrôle la route du comté de Meaux les 8 mars 1341, 28, 30 avril, 1er et 2 mai 1344, 11 octobre et 3 novembre 1345, 24 février 1346 et 3 septembre 1349, ainsi que Bondy, carrefour sur le chemin de Vincennes à Saint-Denis les 10 octobre et 3 novembre 1345, et enfin Clichy sous Bois du 21 au 26 février 1346 où il s'attarde particulièrement à l'hôpital du lieu. Mais le sort des armes est funeste à l'ost royal qui sera battu par les Anglais à Crécy en Ponthieu (Picardie) le 26 août 1346.

Les combats continuent en province (Calais, Bretagne, Toulouse etc ) En ce temps là, le château de Vincennes, dépendant de Fontenay et Montreuil-sous-Bois et jusqu'alors utilisé comme résidence secondaire par les rois capétiens, devient résidence de gouvernement et se transforme en forteresse en 1360. Il conservera toutefois ses appartements, lieux de distraction avec jardins, son espace de chasse réservé et est entouré d'autres résidences de proximité tels le manoir de Conflans, à Charenton-le-Pont ou bien ceux de Plaisance ou de Beauté à Nogent-sur-Marne. Cet ensemble permettait au roi et à ses familiers de se retirer de l'agitation de la Capitale et restera centre de décision royale jusqu'à Louis XI ( 1461-1483) qui lui préférera les bords de Loire.

Les années 1346-1365.

Le roi Jean II le Bon ( 1350-1364) quitte son château de Vincennes le 6 janvier 1352 pour célébrer en sa résidence de Saint-Ouen la fête de l'Ordre de l'Etoile qu'il vient de créer pour concurrencer l'Ordre de la Jarretière du roi Édouard III d'Angleterre. Puis il sera fait prisonnier le 19 septembre 1356 avec son fils Philippe le Hardi lors de la bataille de Poitiers au cours de laquelle sera tué, entre autres, son maréchal de France Jean (1er) de Clermont, fils de Raoul de Clermont-Nesle et seigneur de Villemomble et de Montreuil (93)

Le dauphin, fils de Jean II le Bon et et futur Charles V, devient lieutenant général du royaume puis régent le 14 mars 1358. Il est aussitôt contesté à la fois par les "Jacques", des paysans picards révoltés, par le prévôt des marchands parisiens Etienne Marcel et par le roi Charles de Navarre dit Le Mauvais, allié aux Anglais. Devant cette coalition, le dauphin quitte Paris, se retranche dans le château de Vincennes et installe ses troupes à la Pissotte, lieu-dit de Montreuil. Des escarmouches plus ou moins meurtrières éclatent au cours des mois de janvier à juillet 1358 durant lesquels de nombreux gens d'armes de l'un ou l'autre bord ravagent les campagnes sur un rayon de 20 kilomètres.

L'armée du roi de Navarre, plus mouvante, pille Saint-Denis et encercle Paris jusqu'au 21 juillet 1358, date de la signature d'une trêve. Elle durera péniblement jusqu'au 24 octobre 1360, date du retour de captivité du roi Jean II le Bon et de son fils cadet Philippe le Hardi. Pour le récompenser, le roi qui a repris le pouvoir lui donnera en apanage le Duché de Bourgogne le 6 septembre 1364, pendant une période d'accalmie consécutive au traité de paix signé entre les belligérants à Brétigny-sur-Orge au mois de mai 1361. Pendant ce temps, la lutte continue en Bretagne et le 29 septembre 1364, Charles de Châtillon-Blois, soutenu par le roi de France, est tué à Auray par son rival Jean IV de Montfort, allié circonstanciel des Anglais qui devient duc de Bretagne.

Le conflit franco-anglais restera au point mort de l'année 1365 à 1410, marqué du côté français par le décès du roi Charles V en 1380, à une époque où son fils Charles VI est trop jeune pour régner. Le pouvoir est alors au main d'un conseil royal, dominé par les 3 oncles du jeune roi, à savoir l'ainé Louis 1er duc d'Anjou, régent en titre, Jean, duc de Berry et le cadet Philippe le Hardi, duc de Bourgogne qui allait devenir le personnage le plus puissant du royaume en épousant le 13 juin 1369 Marguerite l'héritière des comtés de Flandre, de l'Artois et de la Franche-Comté.

Le duc de Bourgogne à Bondy et en Seine-Saint-Denis

Participant activement au gouvernement, le duc bourguignon loge à Paris dans son hôtel d'Artois ou bien près du roi au château de Vincennes ou de Plaisance et vient parfois coucher à Bondy, soit pour chasser ou rencontrer des gens de sa maisons. Il séjournera notamment le 3 novembre 1365, puis les 25 et 26 août , 13 et 14 décembre 1367 et enfin les 6 août et 7 octobre 1368. Après cette date, il ne couchera plus à Bondy mais continuera de transiter soit en direction du nord, (17 passages entre 1371 et 1401) soit en rendant visite à son chambellan Pierre de Chambly seigneur de Livry ( 10 visites entre 1365 et 1397) ou bien en allant rejoindre au Bourget le chemin de Flandre, itinéraire lui permettant de visiter ses possessions picardes ou brabançonnes (10 passages entre 1367 et 1400 )

Son passage par Bondy le plus symptomatique eut lieu le 22 juin 1383 car il était alors accompagné de son neveu le jeune roi Charles VI qui commençait à s'intéresser aux affaires de l'État. Il était prêt en 1388, date où il remercia ses oncles et, malgré leur avis, repris dans son gouvernement les conseillers de feu son père, surnommés péjorativement les " marmousets " . Ces conseillers étaient dirigés par le connétable du roi Olivier IV de Clisson, un breton, qui, à partir de 1392, date des premières crises de folie du roi, va va plus ou moins s'allier au duc Louis 1er d'Orléans, frère de Charles VI contre son oncle Philippe le Hardi le duc bourguignon. Ce dernier ne lui pardonnera pas et Olivier IV de Clisson perdra son poste à la première occasion, en 1398 et se retira sur ses terres bretonnes, abandonnant par la même occasion ses seigneuries de Montlhéry et de Villemomble. Ces péripéties étaient la conséquence de la vacance du pouvoir au sein du conseil royal dominé tour à tour par les ducs d'Orléans et de Bourgogne. Heureusement que la guerre franco-anglaise était au point mort, le roi d'Angleterre Richard II étant moins virulent que son prédécesseur.

La mort de Philippe le Hardi le 27 avril 1404 en Belgique, ne mettra pas fin au conflit car son fils et successeur l'énergique Jean Sans Peur prend sa suite et s'oppose militairement au duc Louis 1er duc d'Orléans qui s'enfuit de Paris le 15 août 1405. Le duc bourguignon entre dans la Capitale, acclamé par les parisiens qui reprochent à son rival de lever trop d'impôts, puis accepte une réconciliation initiée par son vieil oncle Jean duc de Berry. La réconciliation est de façade car le 23 novembre 1407, le duc d'Orléans Louis 1er est assassiné à Paris sur instruction du duc de Bourgogne. C'est le début du processus de guerre civile qui va opposer au sein du royaume de France deux clans irréductibles, les Armagnacs et les Bourguignons, frères ennemis dans le conflit franco-anglais.

La guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons

Au mois d'avril 1410, le parti Armagnac dirigé par le jeune Charles d'Orléans, fils du défunt duc assassiné est au sommet de sa puissance (il comprend les ducs de Berry, de Bourbon, de Bretagne et le connétable d'Albret avec les comtes de Clermont, d'Alençon et d'Armagnac) s'oppose aux Bourguignons de Jean Sans Peur ( soutenu par ses frères les comtes de Brabant, de Nevers, son fils le comte de Charolais et ceux du Hainaut, de Namur, de la Marche, et les bretons de Saint-Pol et de Penthièvre.

Les Armagnacs sont puissants à Paris, soutenus par les milieux financiers alors que les Bourguignons s'appuient sur les corporations de métiers, notamment celle des bouchers, la plus virulente et organisée. Après 3 mois d'escarmouches, l'armée aux ordres de Bernard d'Armagnac, beau-père du défunt Louis 1er d'Orléans assiège Saint-Denis où se sont retranchés les Bourguignons qui négocient une trêve signée le 2 novembre 1410, au grand soulagement des habitants de la région, puis quittent les lieux. Mais les Armagnacs adressent un défit à Jean Sans Peur le 14 juillet 1411par le manifeste de Jargeau, puis pillent le trésor de l'abbaye de Saint-Denis.

Il n'en fallait pas plus pour que le duc de Bourgogne, retiré dans ses États reviennent en octobre avec des mercenaires anglais, entre dans Paris le 22 octobre 1411 puis reprend Saint-Cloud et Saint-Denis. Devenu l'homme fort de l'époque, il tiendra solidement la région parisienne où il a de nombreux partisans et passera notamment à Bondy les 13 mars et 17 octobre 1412, date où il dînera avec le comte de Guyenne. Quelques mois après, en mai 1413, Paris est en proie à l'émeute dirigée par les artisans de la boucherie conduits par Jean Caboche, contre la reine Isabeau de Bavière, veuve du feu roi Charles VI le fou. Exactions et massacres ont un effet dissuasifs sur les parisiens qui abandonnent le camp bourguignon, ce qui amène Jean Sans Peur à quitter discrètement la Capitale le 23 août 1413 pour Noisy-le-sec où il dînera avant de repartir à Gand, dans son duché, via Pont-Sainte-Maxence. Ce départ précipité permet aux Armagnacs de reprendre le contrôle de Paris et de mettre à sac les localités où les seigneurs étaient favorables aux bourguignons, cas d'Aubervilliers, de Pantin, de Saint-Ouen, de Pierrefitte, de Saint-Denis, de Livry et de Clichy en l'Aunoye.

A partir de cette époque, s'affirme l'indépendance du puissant duché de Bourgogne vis à vis du royaume de France et son rapprochement avec l'Angleterre par l'accord du 6 avril 1416 puis son alliance le 25 avril 1417 avec Sigismont de Luxembourg, futur empereur. Fort de ces soutiens et du fait que le roi Henri V d'Angleterre a vaincu l'armée royale à Azincourt le 25 octobre 1415, le Duc de Bourgogne prend l'offensive et établi son camp à Versailles puis à Lagny en décembre 1416 afin de procéder à l'encerclement de la Capitale dont il s'empare les 28 et 29 mai 1418. Ses troupes, aidées par les gens des corporations menés par le boucher Caboche massacrent les Armagnacs, mais le duc bourguignon intervient pour préserver son autorité, ce qui circonscrit les exactions. La situation incite le Dauphin, futur Charles VII a négocier avec Jean Sans Peur le 14 juillet 1418 mais les troupes anglaises progressent vers la région parisienne à partir de la Normandie, prennent Pontoise le 31 juillet 1419 puis Saint-Denis que Jean Sans Peur quitte avec le roi Charles VI pour se replier à Troyes.

La trêve entre le Dauphin de France et le duc de Bourgogne sera de courte durée car le 10 septembre 1419, au cours d'une seconde rencontre tenue à Montereau (Yonne), le fils du roi fait assassiner Jean Sans Peur d'un coup de hache.

Cette action, réprouvée par l'opinion entraîne par rétorsion le fils le nouveau duc de Bourgogne Philippe le Bon à rallier immédiatement le camps du roi d'Angleterre, tandis qu'un traité est signée les 20 et 21 mai 1420 à Troyes entre le roi de France Charles VI dit "le fou" qui mariera le 2 juin de la même année Catherine de France sa fille avec le roi et celui d'Angleterre Henri V qui devient régent du royaume.

En fait, l'accord, dirigé contre le Dauphin et futur Charles VII qui se replie dans" le royaume de Bourges " organise une double monarchie et permet au duc de Bourgogne de contrôler Paris et l'Ile de France. Les deux monarques entrent d'ailleurs de concert dans Paris le 1er décembre 1421 puis l'Anglais s'installe au château de Vincennes avec sa suite. Il décédera le 31 août 1422, suivi de peu par le roi de France Charles VI qui meurt le 21 octobre de la même année.

Suivant les termes du traité de Troyes, Henri VI d'Angleterre, âgé d'un an, devient roi de France , remplacé par un régent, en l'occurrence son oncle le duc de Bedford Jean de Lancastre qui épouse en 1423 Anne de Bourgogne, fille de Jean Sans Peur.

Par cette alliance et ses fonctions, le régent anglais obtient les serments de fidélité d'une partie des seigneurs d'Ile de France, notamment de ceux de Dugny, la Courneuve, Livry-en-l'Aunoye, Romainville, Montreuil et Villemomble C'est l'occupation et le triomphe de l'Angleterre qui tient la Capitale et le nord du royaume jusqu'à la Loire, notamment Orléans qui sera occupée jusqu'en 1429 et libéré par l'action de la légendaire Jeanne d'Arc.

Jeanne d'Arc, légende ou réalité ?

Jeanne d'arc aurait traversé le département de Seine Saint-Denis à trois reprises dans le courant de l'année 1429

Carte guerre Cent-ans1) au cours de sa campagne d'Ile de France au cours de laquelle elle guerroya à partir de Reims où elle était le 17 juillet, passant à Senlis, Beauvais puis Compiègne pour revenir à Senlis puis Saint Denis tenu par les anglo-bourguignons où elle arrive le 26 août avec le duc Jean II d'Alençon avant de descendre sur Paris où elle échoue le 8 septembre après avoir été blessée d'une flèche et remonte à Saint-Denis.

2) Elle fait alors retraite en direction de la Loire et quitte Saint-Denis le 8 septembre, se repliant sur Gien où elle arrivera le 21 septembre 1429. L'itinéraire emprunté aurait été la Courneuve, Drancy, Bobigny, Bondy, Montfermeil ou Gagny, puis Lagny ( où elle sera le 4 septembre) Rosay-en Brie, Bray-sur Seine, Sens, Montargis et Gien.

3) Jeanne d'Arc remontera de Gien en direction de Paris via Melun puis ira à Compiègne où elle sera capturée le 23 mai 1430.

A t'elle réellement traversée notre département ? Aucun renseignements écrit sur le sujet n'a été recueilli, d'autant plus que, nombre de localités appartenaient à des seigneurs favorables aux anglo-bourguignons. En conséquence, sa petite troupe devait être discrète et évitait la traversée des villages.

C'est à partir du supplice de Jeanne d'Arc en 1430 que la situation se retourne nettement, processus amorcé par son impulsion qui réactiva la passivité du Dauphin isolé à Bourges et provoqua une guérilla s'instaura contre les Anglais et leurs alliés bourguignons qui ne contrôlaient militairement en région parisienne que des points fortifiés, tels les portes de Paris, Saint-Denis et le château de Vincennes.

Quant aux troupes français, elles tenaient des points d'appui sur les hauteurs éloignées du bassin parisien (Creil, Lagny, Monthléry etc)

Pour en savoir plus sur Jeanne d'Arc et cette guerre, voyez Wikipedia

La libération de Paris puis retour à l'ordre (1436 1445 )

Les combats et coups de mains, qui se poursuivent depuis 1418, ont fait fuir les paysans, les cultures sont désertées et la famine sévit à Paris et sur l'étendue du bassin parisien. Le château de Vincennes, symbole de l'occupation anglaise et enjeu militaire de premier plan, sera pris par escalade et grâce à des complicités le 19 février 1436 par le capitaine Jacques 1er de Chabannes. Il en sera d'ailleurs récompensé par le roi Charles VII qui le fera comte de Curton en Auvergne et Grand-Maître de son hôtel, ascension sociale qui profitera également à son frère cadet Antoine de Chabannes qui épousera en 1439 l'héritière du comté de Dammartin en Goële, point essentiel pour le contrôle de la plaine céréalière de Gonesse.

Auparavant, la prise du château de Vincennes est la prélude à la défaite des occupants car le 13 avril 1436, Paris est libéré. Le roi Charles VII fait son entrée solennelle le 12 novembre, rétabli le Parlement de Paris, décrète une amnistie et amorce la centralisation du royaume. Mais les anglais conservaient des points d'appui et il faudra attendre la chute de Pontoise en 1441 pour que l'Ile de France soit définitivement reconquise. Les combats continueront en province, notamment en Guyenne jusqu'à la victoire de Castillon remportée en 1453 grâce à l'artillerie des frères Jean et Gaspard BUREAU, futurs seigneurs de Noisy-le-Sec et de Villemomble.

Le pays était ruiné par la guerre et les "écorcheurs", soldats des deux camps, grossis de paysans sans terre, qui continuèrent à piller après la cessation des combats. La guerre continuera sporadiquement jusqu'à la trêve de Picquigny du 29 août 1475 et aura durée en réalité 137 années qui laissent la France exsangue et bouleversée de fond en combles.

Et le conflit franco-bourguignon laissera des traces jusqu'à la mort de Charles le Téméraire le 5 janvier 1477, 4 ème et dernier duc de Bourgogne dont le duché sera repris non sans difficultés par le roi Louis XI.

C'était la fin de l'Etat bourguignon qui s'étendait jusqu'à la Hollande actuelle et sera dépecé par l'Espagne et l'Empire.

Mais c'est une autre histoire.

1) Ceux qui furent les partisans des Bourguignons.

A) Hugues Rapiout, Président des Requêtes au Parlement de Bourgogne de 1422 à 1431, seigneur de Livry-en-l'Aunoye à partir de 1423 ainsi que de Torcy et Chemin-en-Brie. Il rendit en 1431 hommage au roi d'Angleterre et en récompense fut nommé l'année suivante et pour 2 années prévôt des Marchands de Paris. Grâce à sa situation sociale, il mit son domaine de Livry en valeur, développant la culture de la vigne et s'en réserva le monopole ( ), agissant ainsi indirectement au profit de l'occupant qui tentait de relancer les moribondes Foires de Champagne et d'assurer le ravitaillement de Paris. Hugues RAPIOUT aura participé au festin organisé au Palais de la Cité à Paris le 28 juin 1428 par le du de Bedford , régent anglais en présence de 8.000 notables parisiens, de l'évêque de Paris aux principaux marchands car, après avoir rendu hommage le 18 décembre 1431, il fut nommé en 1432, Prévôt des Marchands de Paris, fonction qu'il conservera jusqu'en 1434 avant de décéder en 1436.

Il avait un frère, Jean Rapiout était Procureur au Parlement de Bourgogne en 1413, 3 ème président en 1418 et avocat de 1422 à 1436. Il est connu pour avoir été entendu le 30 mai 1419 par le Conseil de la reine en tant que juriste et partisan de l'inaliénabilité du terriroire, donc hostile à l'accord de Troyes qui sera signé les 2o et 21 mai de l'année suivante avec le roi d'Angleterre.

B) Pierre Bouchard (premier du nom) seigneur du fief Hugo à Bondy, héraut d'armes du duc de Bedford en résidence à Vincennes

C) Philippe de Nanterre époux d'Alix Potier, fille du seigneur de Blanc-Mesnil, Conseiller au Parlement en 1426 et maître des Requêtes du duc de Bourgogne, propriétaire d'une maison à la pointe de Bondy-Noisy-le-sec, sur la censive de l'abbaye Saint-Antoine-des-Champs.

D) Jean 1er de Popaincourt (Popincourt), époux de Jeanne de Soisson, seigneur de Sarcelles, de Liancourt et de Noisy-le-sec et censitaire de la seigneurie de Merlan. Conseiller au Parlement de Paris puis 1er Président de 1400 à 1403 comme l'était son père Jean 1er du nom.

(E) Michaut de Laillier, échanson du duc de Bourgogne, seigneur en partie d'Aubervilliers et du fief parisien des Ursulines en 1406.

F) Pierre d'Orgemont, Président du Parlement de Paris en 1355 puis chancelier en 1373, seigneur de Méry-sur-Oise, Moussy-le-Neuf, Chantilly et de Montjay. Les d'Orgemont possédaient une propriété à Montreuil acquise en juillet 1360 qui revint en juin 1398 à Nicolas d'Orgemont, chanoine de Notre Dame dit le boiteux, , condamné en 1415 comme membre du parti bourguignon à la privation de ses offices et à 80000 écus d'amende. Ses biens revinrent en la main du roi qui les vendra à Hugues de Guingant , un fidèle de la Maison d'Orléans Sa seigneurie de Montjay, relevait de l'évêque de Paris en sa qualité de bailli du comte-évêque d'Auxerre, revint à l'aîné de la famille, Pierre III d'Orgemont, évêque de Paris jusqu'à sa mort en 1409, seigneur de Chantilly. Avec Montjay, cet évêque était suzerain de nombreux fiefs tels ;

  1. Le fief de Clacy-Montjay à Noisy-le-sec, dont une partie était sur Bondy.
  2. Le fief de Nonneville à Aulnay-les-Bondy, de nos jours Aulnay-sous-Bois.
  3. La terre de Montauban (Seine et Marne)
  4. Une terre avec pressoir et manoir à Montreuil-sous-Bois.
  5. Le fief de Bondy à Montsaigle, écart de Villeparisis (Seine et Marne)

G) Guillaume Barraut, 1er secrétaire du roi et du duc de Bourgogne Jean sans Peur en 1411 puis principal chef de la révolte cabochienne de 1413, seigneur du fief de Montereau à Montreuil.

2) Ceux qui furent Armagnacs et partisans de la maison d'Orléans

A) Charles de la Rivière, comte de Dammartin-en-Goële et fils du ministre du roi Charles V. Antoine de Chabannes lui succédera après avoir épousé en 1439 Marie de Nanteuil, fille unique d'un précédent comte de Dammartin. A partir de cette date, Antoine de Chabannes, nouveau comte de Dammartin fait figure de l'homme le plus puissant de la région et deviendra après la guerre suzerain des baronnies, châtellenies et seigneuries de Livry-en-l'Aunoye, Coubron, Villemomble dans le département de Seine-Saint-Denis, mouvants de la Vicomté de Paris ainsi que d' Acy-en-Multien et Montepilloy dans le département de l'Oise et enfin de Tours-sur-Marne dans le département de la Marne.

B) Jean Bernard d'Aubervilliers, seigneur en 1413 de l'arrière fief Courtilpaon, plus tard connu sous le nom du Mainguy à Bondy.Son successeur sera son gendre Gonsalles de Ruis, valet de pied du roi Charles VI, qui vendit le fief le 15 décembre 1423 à Nicolas Lancelet.

C) Pierre de l'Esclat, seigneur du fief du même nom à Bondy, Président de la Cour des Aides en 1399, maître des Requêtes en 1402 partisan du Dauphin et conseiller du duc de Berry. Il sera emprisonné en 1412 par les Bourguignons qui le considéraient comme un " Armagnac invétéré " On trouve sa trace à Bondy jusqu'en 1417 puis son fief aurait été repris par les religieux de Livry par criée féodale vers 1457.

D) Olivier IV de Clisson seigneur châtelain de Villemomble de 1365 à 1398 , était connétable de France. En 1407, sa châtellenie de Villemomble revint à ses filles Beatrix, épouse d'Alain VIII de Rohan et Marguerite de Clisson épouse de Jean de Châtillon, comte de Penthièvre et fils de Charles de Blois-Penthièvre, prétendant malheureux à la couronne ducale. C'est elle qui organisera en 1420 un complot contre le duc de Bretagne Jean V de Montfort (1399-1442) La seigneurie châtellenie revint alors à Guillaume de Châtillon, dit de Bretagne, comte de Penthièvre et Périgord, qui la cédera le 21 mars 1445 pour 18.000 Livres à Marguerite de Châtillon et Gaspard Bureau, maître artilleur du roi Charles VII, duc de Castillon et capitaine du château de Beauté à Nogent sur Marne.

E) Pierre l'Orfèvre, époux de Jeanne de Sens, seigneur en partie de Montreuil, beau-père de Guillaume COUSSINOT, Président du Parlement dont le fil Guillaume II Coussinot sera , également seigneur de Montreuil, le diplomate du roi Louis XI en 1476

F) Philippe GILLER, payeur du château de Vincennes en 1365, familier du Dauphin jusqu'en 1367, remplacé par Charles Boistel, tous deux seigneurs en partie de Montreuil.

Le temps des récompenses

Après la guerre, le roi Charles VII récompensa ceux qui l'avaient soutenu dans sa lutte contre les anglais et leurs alliés bourguignons. Ces nouveaux seigneurs étaient :

  1. Jean BUREAU, époux de Germaine HESSELIN, dame d'honneur de la reine Marie d'Anjou, soeur de René 1er d'Anjou et épouse de Charles VII. Gouverneur de l'Artillerie de France en 1439, concepteur et organisateur de l'artillerie royale, Trésorier de France et Maître des Comptes en mai 1443, anoblie au mois d'octobre 1447, il fut ; Maire de Bordeaux, (Gironde) seigneur de Monglas, la Houssaye en Brie, Fontenay-les-Louvres. Il était seigneur de Merlan et Noisy-le-Sec qu'il conservera jusqu'à son décès survenu à Paris le 5 juillet 1463.
  2. Gaspard BUREAU, frère cadet du précédent, également maître de l'artillerie royale depuis le 27 décembre 1444 , seigneur de Montfermeil (1445) de Nogent-sur-Marne en partie en 1448 , capitaine de la résidence royale de Beauté, sur les bords de la Marne. Il avait reçut la seigneurie de Villemomble et en rendit hommage au roi Charles VII le 13 avril 1446. Il succédait ainsi à Jean de Beaumont puis à Olivier (V) de Clisson (1336-1407), connétable du roi Charles VI.
  3. Antoine de CHABANNES chef de bandes contre les anglais puis se rallie en 1444,au roi Charles VII en 1456, pour qui il commanda l'armée royale qui envahit le Dauphiné. En 1463, il complote contre le roi Louis XI au sein de la " ligue du Bien Public " fomentée par les ducs de Berry et de Bretagne, ce qui lui vaut d'être emprisonné et banni de son comté de Dammartin-en-Goële qui est donné par le roi à Charles de Melun bailli de Sens. Puis Antoine de Chabannes fait amende honorable et obtient le pardon du roi dont il devient l'homme-lige ce qui lui vaudra d'être nommé " cousin du roi " et Grand- maître de la maison royale. A ce titre il participe à des actions contre le duc bourguignon Charles Le Téméraire dont les ligueurs sont installé au château de Beauté d'où ils attaquent le château de Villemomble en 1465. Une importante bataille a lieu aux environs de Montlhéry le 16 juillet 1465, puis la signature des traités de Conflans et de Saint-Maur ( octobre 1465) ramène le calme, le roi ayant fait quelques concessions aux princes ligueurs. Plus tard, la régente Anne de BEAUJEU, fille du défunt Louis XI confiera à Antoine de Chabannes en 1484, pendant la minorité de son frère Charles VIII, le gouvernement de Paris et de l'Ile de France. II mourut à 81 ans le 25 décembre 1488.
  4. Son fils et principal héritier Jean de CHABANNES rendit hommage au roi le 28 janvier 1489 pour les terres de Livry, Villemomble, Aulnay et Gournay sur Marne, tous mouvant de la vicomté de Paris, puis le 14 juillet 1498 pour son comté de Dammartin , composé des baronnies et châtellenies de Livry, Villemomble, Coubron, Montepilloy, Acy en Multien et Tours sur Marne.
  5. Etienne CHEVALIER, conseiller et l'un des exécuteurs testamentaires du roi Charles VII, seigneur de Montreuil et époux de Catherine Budé, dont le fils Jacques CHEVALIER sera en 1476 seigneur de Montreuil et autres lieux.